En bref
L'ordonnance de protection est l'un des dispositifs juridiques les plus puissants dont dispose une victime de violences conjugales ou de harcèlement moral au sein du couple. Prévue aux articles 515-9 à 515-13 du Code civil, elle permet au juge aux affaires familiales (JAF) de prendre des mesures d'urgence pour protéger la victime et ses enfants, sans attendre l'issue d'une procédure pénale. En 2026, les tribunaux traitent plus de 6 000 demandes d'ordonnances de protection par an, et le taux d'acceptation dépend largement de la qualité du dossier présenté. Ce guide complet vous accompagne étape par étape, de la compréhension du dispositif à la constitution d'un dossier solide.
L'ordonnance de protection est l'un des dispositifs juridiques les plus puissants dont dispose une victime de violences conjugales ou de harcèlement moral au sein du couple. Prévue aux articles 515-9 à 515-13 du Code civil, elle permet au juge aux affaires familiales (JAF) de prendre des mesures d'urgence pour protéger la victime et ses enfants, sans attendre l'issue d'une procédure pénale. En 2026, les tribunaux traitent plus de 6 000 demandes d'ordonnances de protection par an, et le taux d'acceptation dépend largement de la qualité du dossier présenté. Ce guide complet vous accompagne étape par étape, de la compréhension du dispositif à la constitution d'un dossier solide.
L'ordonnance de protection est une décision judiciaire d'urgence prise par le juge aux affaires familiales (JAF) qui interdit à un agresseur de s'approcher de la victime, de la contacter, et peut éloigner du domicile ou attribuer la garde des enfants. Régie par l'article 515-9 du Code civil, elle est obtenue en 6 jours (24 heures en cas de danger grave et imminent depuis le décret 2025-47). En 2024, plus de 5 000 ordonnances ont été prononcées en France (Min. Justice). Copareo Secure Line constitue les preuves recevables nécessaires à un dossier qui passe sous 7 jours.
1. Définition juridique de l'ordonnance de protection
L'ordonnance de protection est une décision judiciaire rendue par le juge aux affaires familiales (JAF) dans un délai maximal de six jours à compter de la fixation de la date d'audience (article 515-11 du Code civil, modifié par la loi du 28 décembre 2019). Elle vise à protéger une personne majeure victime de violences exercées au sein du couple ou par un ancien conjoint, concubin ou partenaire de PACS.
Contrairement à une plainte pénale classique, l'ordonnance de protection relève du juge civil. Elle ne nécessite pas le dépôt préalable d'une plainte, même si cela reste recommandé. Le JAF statue en urgence et peut imposer des mesures contraignantes à l'auteur des violences, y compris avant tout jugement au fond.
Le cadre légal repose sur plusieurs textes fondamentaux :
- Article 515-9 du Code civil : conditions de délivrance (vraisemblance des violences + danger)
- Article 515-11 du Code civil : liste des mesures que le juge peut ordonner
- Article 515-12 du Code civil : durée maximale de l'ordonnance (6 mois, renouvelable)
- Loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010 : création du dispositif
- Loi n° 2019-1480 du 28 décembre 2019 : réduction du délai de traitement à 6 jours
- Loi n° 2020-936 du 30 juillet 2020 : renforcement des mesures (bracelet anti-rapprochement)
Le juge doit vérifier deux conditions cumulatives : la vraisemblance des violences alléguées et l'existence d'un danger pour la victime ou ses enfants. Il ne s'agit pas de prouver les faits avec certitude, mais d'établir leur vraisemblance par un faisceau d'indices concordants.
2. Qui peut demander une ordonnance de protection ?
L'ordonnance de protection n'est pas réservée aux couples mariés. Elle concerne un spectre large de situations familiales et relationnelles :
- Les époux, y compris en cours de procédure de divorce
- Les partenaires de PACS, actuels ou anciens
- Les concubins, actuels ou anciens
- Les ex-conjoints ou ex-partenaires, même si la séparation remonte à plusieurs années
- Les victimes de mariages forcés (article 515-13 du Code civil)
La victime peut saisir le JAF directement, avec ou sans avocat (même si l'assistance d'un avocat est vivement recommandée). En cas de ressources insuffisantes, l'aide juridictionnelle peut être demandée en urgence. Les associations d'aide aux victimes (CIDFF, France Victimes, FNSF) peuvent également accompagner la démarche.
Un point important : la victime n'a pas besoin d'avoir déposé plainte au pénal pour saisir le JAF. Toutefois, le dépôt de plainte constitue un élément supplémentaire qui renforce la crédibilité du dossier devant le juge. Les procureurs de la République peuvent également saisir le JAF d'office depuis la loi du 28 décembre 2019.
3. Quand demander une ordonnance de protection ?
La question du timing est cruciale. L'ordonnance de protection est un dispositif d'urgence, mais elle nécessite un minimum de préparation documentaire. Voici les situations qui justifient une demande :
Quelles sont les situations qui justifient un danger immédiat ?
- Menaces de mort ou de violences physiques
- Violences physiques récentes (coups, bousculades, étranglement)
- Séquestration ou tentative de séquestration
- Harcèlement téléphonique intense (dizaines d'appels et SMS par jour)
- Intrusions répétées au domicile ou sur le lieu de travail
- Menaces impliquant les enfants (enlèvement, représailles)
Comment caractériser un danger continu pour le JAF ?
- Contrôle coercitif systématique (surveillance, isolement, contrôle financier)
- Harcèlement moral prolongé avec impact sur la santé (insomnie, anxiété, dépression)
- Manipulation des enfants contre l'autre parent (aliénation parentale)
- Cyber-harcèlement (messages menaçants sur réseaux sociaux, piratage de comptes)
- Pression financière abusive (blocage des comptes, refus de contribuer aux charges)
Quel est le bon moment pour demander une ordonnance de protection ?
N'attendez pas que la situation dégénère en violence physique. Le harcèlement moral et le contrôle coercitif sont des formes de violence reconnues par la loi depuis 2010. Dès que vous ressentez un danger pour vous ou vos enfants, et que vous disposez d'éléments documentés, il est temps d'agir. Le délai moyen entre la saisine du JAF et l'audience est de 6 jours, mais la constitution du dossier en amont peut prendre une à deux semaines.
4. Les mesures que le juge peut ordonner
L'article 515-11 du Code civil donne au JAF un arsenal de mesures considérable. Voici la liste complète des mesures possibles :
| Mesure | Article | Durée maximale | Sanction violation |
|---|---|---|---|
| Interdiction de contact | 515-11 CC | 12 mois | 2 ans / 15 000 € |
| Éloignement du domicile | 515-11 CC | 12 mois | 2 ans / 15 000 € |
| Suspension autorité parentale | 373-2-1 CC | 12 mois renouvelable | À discrétion JAF |
| Bracelet anti-rapprochement | 515-11-1 CC | 6 mois renouvelable | 2 ans / 30 000 € |
| Anonymisation domicile | 515-11 CC | Indéfinie | N/A |
Mesures relatives au logement
- Attribution du domicile conjugal à la victime, même si le logement appartient à l'auteur des violences ou si le bail est à son nom
- Éviction de l'auteur des violences du domicile avec interdiction d'y revenir
- Prise en charge des frais liés au logement par l'auteur des violences
Mesures d'interdiction et de distance
- Interdiction de contact avec la victime (en personne, par téléphone, SMS, email, réseaux sociaux)
- Interdiction d'approcher la victime, son domicile, son lieu de travail, l'école des enfants
- Interdiction de détenir ou porter une arme
- Port du bracelet anti-rapprochement (BAR) depuis la loi du 30 juillet 2020
- Dissimulation de l'adresse de la victime
Quelles mesures peut décider le JAF concernant les enfants ?
- Fixation provisoire de la résidence des enfants chez le parent protégé
- Organisation du droit de visite de l'autre parent (éventuellement en espace de rencontre médiatisé)
- Interdiction de sortie du territoire des enfants sans l'accord des deux parents
- Inscription des enfants sur le fichier des personnes recherchées (FPR)
Quelles mesures financières peuvent être ordonnées ?
- Fixation d'une contribution aux charges du mariage ou d'une pension alimentaire provisoire
- Attribution de l'aide juridictionnelle provisoire
Mesures d'accompagnement
- Obligation pour l'auteur des violences de suivre un stage de responsabilisation
- Orientation vers une prise en charge sanitaire, sociale ou psychologique
- Attribution d'un téléphone grave danger (TGD)
L'ordonnance est valable pour une durée maximale de 6 mois, renouvelable si une requête en divorce ou en séparation de corps a été déposée, ou si le juge aux enfants a été saisi.
5. Les preuves indispensables pour un dossier solide
La réussite d'une demande d'ordonnance de protection repose principalement sur la qualité des preuves présentées. Le juge doit être convaincu de la vraisemblance des violences et du danger. Voici les catégories de preuves à rassembler :
Quelles preuves médicales étayent une ordonnance de protection ?
- Certificats médicaux constatant des blessures, un état de stress post-traumatique, une dépression, des troubles anxieux. Demandez systématiquement à votre médecin de préciser le lien possible avec les violences déclarées.
- Arrêts de travail en lien avec les violences subies
- Certificats de psychologues ou psychiatres attestant de l'impact psychologique
- Certificats pour les enfants : troubles du sommeil, régressions, anxiété observée par le pédiatre
Quelles preuves écrites et numériques apporter au JAF ?
- SMS, emails, messages WhatsApp ou Messenger contenant des menaces, insultes, propos dénigrants ou contrôlants. Les captures d'écran doivent être horodatées et montrer clairement l'identité de l'expéditeur.
- Historiques d'appels montrant un harcèlement téléphonique (dizaines d'appels en quelques heures)
- Enregistrements vocaux de conversations menaçantes (attention : la recevabilité dépend du contexte, mais la jurisprudence tend à les accepter quand ils sont produits par une partie à la conversation)
- Publications sur les réseaux sociaux : messages publics diffamatoires, partage d'informations privées
Témoignages
- Attestations de témoins sur formulaire CERFA n° 11527*03 : proches, voisins, collègues ayant constaté les violences, l'état de détresse de la victime ou les comportements de l'auteur
- Rapport des services sociaux ou d'une assistante sociale
- Signalements auprès des associations (114, 3919, CIDFF) avec dates et contenus
Documents administratifs et judiciaires
- Main courante ou dépôt de plainte
- Procès-verbaux d'intervention de police ou gendarmerie
- Précédents judiciaires de l'auteur (condamnations antérieures pour violences)
- Rapports d'expertise ordonnés dans le cadre d'une procédure en cours
Journal chronologique des faits
C'est l'une des pièces les plus importantes et souvent sous-estimées. Un journal quotidien, daté et précis, qui recense chaque incident (même mineur) permet au juge de visualiser le caractère systématique et répétitif des violences. Notez pour chaque événement : la date, l'heure, le lieu, la description factuelle de ce qui s'est passé, les témoins éventuels et les preuves associées.
6. Procédure détaillée : de la saisine à la décision
Voici le déroulé étape par étape de la procédure d'ordonnance de protection :
Étape 1 : Consultation d'un avocat ou d'une association
Avant de saisir le JAF, consultez un avocat spécialisé en droit de la famille ou une association d'aide aux victimes. Cette étape permet d'évaluer la solidité de votre dossier, d'identifier les pièces manquantes et de rédiger la requête dans les formes légales. L'aide juridictionnelle peut être demandée en urgence si vos ressources sont insuffisantes.
Étape 2 : Rédaction et dépôt de la requête
La requête est déposée au greffe du tribunal judiciaire du lieu de résidence de la victime. Elle doit contenir :
- L'identité complète des parties
- L'exposé détaillé des faits de violence
- Les mesures sollicitées (parmi celles de l'article 515-11)
- Les pièces justificatives numérotées et classées
Étape 3 : Fixation de l'audience
Le greffe fixe une date d'audience dans un délai maximal de 6 jours. La partie adverse est convoquée et reçoit copie de la requête et des pièces. Ce délai très court est l'une des forces du dispositif.
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Étape 4 : L'audience
L'audience se déroule en chambre du conseil (huis clos). Chaque partie expose ses arguments et le juge examine les pièces. La victime peut être accompagnée par son avocat et, dans certaines juridictions, par un travailleur social. Le juge peut entendre les parties séparément si la confrontation présente un risque.
Étape 5 : La décision
Le juge rend sa décision le jour même ou dans un délai très court (quelques jours). L'ordonnance est immédiatement exécutoire, ce qui signifie que les mesures s'appliquent dès leur notification à l'auteur des violences, même en cas d'appel.
Étape 6 : L'exécution et le suivi
Les forces de l'ordre sont informées de l'ordonnance et peuvent intervenir en cas de violation. Toute violation de l'ordonnance de protection constitue un délit puni de 2 ans d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende (article 227-4-2 du Code pénal).
7. Cas concrets et jurisprudence
La jurisprudence récente montre l'évolution de la prise en compte des violences psychologiques et du harcèlement moral dans les ordonnances de protection.
Cas n° 1 : Harcèlement téléphonique post-séparation
Madame D., séparée depuis 8 mois, reçoit entre 30 et 50 appels par jour de son ex-conjoint, accompagnés de messages menaçants. Elle présente un relevé téléphonique détaillé, des captures d'écran de 47 SMS en une journée et un certificat médical pour syndrome anxio-dépressif. Le JAF accorde l'ordonnance de protection avec interdiction de contact et obligation de stage de responsabilisation. (CA Paris, pôle 3, ch. 3, 2024)
Cas n° 2 : Contrôle coercitif et isolement
Madame L., encore au domicile conjugal, documente pendant 3 mois un contrôle systématique : son conjoint vérifie ses relevés bancaires, lit ses messages, interdit les sorties sans autorisation et dénigre ses proches. Elle produit un journal de faits quotidien, des témoignages de sa sœur et de sa collègue, ainsi qu'un suivi psychologique. Le JAF ordonne l'éviction du conjoint et l'attribution du domicile conjugal. (TJ Bobigny, 2025)
Cas n° 3 : Manipulation des enfants
Monsieur R., père séparé, est victime de dénigrement systématique auprès de ses enfants. Son ex-conjointe envoie des messages aux enfants pendant les week-ends chez le père, les culpabilisant de s'amuser. Il produit les captures d'écran des messages envoyés aux enfants (téléphone de l'aîné), un rapport de la psychologue scolaire et des attestations de l'enseignante. Le JAF accorde une ordonnance limitant les contacts de la mère pendant le droit de visite du père. (TJ Nantes, 2025)
Cas n° 4 : Cyber-harcèlement et diffamation en ligne
Madame K. découvre que son ex-conjoint publie des informations privées et des photos intimes sur des forums en ligne, tout en envoyant des messages diffamatoires à son employeur. Elle fait constater les publications par un huissier de justice (désormais commissaire de justice) et obtient une ordonnance de protection incluant l'interdiction d'utiliser les réseaux sociaux pour contacter ou évoquer la victime. (TJ Lyon, 2025)
8. Erreurs fréquentes à éviter dans votre dossier
La préparation d'un dossier d'ordonnance de protection est un exercice délicat. Voici les erreurs qui compromettent le plus souvent les chances de succès :
Erreur n° 1 : Présenter un récit sans preuves matérielles
Le témoignage de la victime seul ne suffit généralement pas. Le juge a besoin de preuves tangibles pour établir la vraisemblance. Chaque allégation doit être étayée par au moins un élément de preuve (message, certificat, attestation).
Erreur n° 2 : Produire des captures d'écran non datées ou tronquées
Des captures d'écran sans date visible, sans identification claire de l'interlocuteur ou manifestement incomplètes perdent leur force probante. Incluez toujours l'horodatage, le numéro ou nom du contact, et le contexte de la conversation.
Erreur n° 3 : Négliger la chronologie
Un dossier où les faits sont présentés dans le désordre perd en lisibilité et en crédibilité. Numérotez vos pièces dans l'ordre chronologique et établissez un tableau récapitulatif date/fait/preuve associée.
Erreur n° 4 : Inclure des éléments émotionnels sans valeur juridique
Les longues lettres personnelles, les récits émotionnels sans faits précis ou les commentaires subjectifs n'aident pas le juge. Restez factuel : date, lieu, ce qui s'est passé, preuves.
Erreur n° 5 : Sous-estimer les violences psychologiques
Beaucoup de victimes pensent que seules les violences physiques justifient une ordonnance de protection. C'est faux. Le harcèlement moral, le contrôle coercitif, les menaces et les pressions psychologiques sont pleinement pris en compte, à condition d'être documentés.
Erreur n° 6 : Attendre trop longtemps
Plus le temps passe entre les faits et la demande, plus le juge peut douter de la réalité du danger. Si vous documentez les faits depuis des mois, déposez votre requête dès que votre dossier est prêt. L'ancienneté du dossier peut aussi être un atout si elle montre un pattern de violences sur la durée.
9. Documenter les preuves avec Secure Line de Copareo
La constitution d'un dossier de preuves est souvent le point de blocage pour les victimes de harcèlement conjugal. Comment archiver des dizaines de SMS ? Comment prouver l'horodatage d'un appel menaçant ? Comment organiser des mois de documentation en un dossier lisible pour le juge ?
Secure Line de Copareo a été conçu précisément pour répondre à ces problématiques. Il s'agit d'un numéro de téléphone dédié qui s'interpose entre vous et l'autre parent. Chaque communication (appel, SMS, message vocal) transite par ce numéro sécurisé et est automatiquement :
- Horodatée avec une date et une heure certaines
- Enregistrée (appels vocaux, avec consentement légal)
- Archivée dans un espace personnel sécurisé
- Classée chronologiquement pour faciliter la constitution du dossier
Dans le cadre d'une ordonnance de protection, Secure Line permet de produire un historique complet et incontestable des communications avec l'autre parent. Les appels enregistrés, les SMS archivés et les messages vocaux horodatés constituent des preuves recevables devant le JAF, bien plus solides que de simples captures d'écran.
L'avantage supplémentaire : en canalisant toutes les communications via un numéro dédié, vous créez une barrière protectrice entre vous et l'auteur des violences. Votre numéro personnel reste confidentiel, ce qui réduit considérablement le harcèlement direct.
10. Les recours en cas de rejet de la demande
Si le JAF rejette votre demande d'ordonnance de protection, plusieurs options s'offrent à vous :
L'appel
Vous pouvez faire appel de la décision dans un délai de 15 jours à compter de la notification. La cour d'appel réexamine l'ensemble du dossier et peut infirmer la décision du JAF. C'est l'occasion de compléter votre dossier avec de nouvelles pièces.
Une nouvelle demande
Rien n'interdit de déposer une nouvelle requête si de nouveaux faits se produisent ou si vous disposez de nouvelles preuves. Le juge apprécie chaque demande au regard des éléments présentés.
Les alternatives
- Plainte pénale pour harcèlement (article 222-33-2-1 du Code pénal) ou violences (articles 222-11 à 222-13)
- Référé devant le JAF pour obtenir des mesures provisoires (résidence des enfants, pension alimentaire)
- Saisine du juge des enfants si les enfants sont en danger
- Composition pénale ou médiation pénale proposée par le procureur (attention : la médiation est interdite en cas de violences conjugales depuis la loi du 9 juillet 2010)
11. Ordonnance de protection et harcèlement moral : ce que dit la loi en 2026
Le harcèlement moral au sein du couple est un délit autonome depuis la loi du 9 juillet 2010, codifié à l'article 222-33-2-1 du Code pénal. Il est défini comme le fait de harceler son conjoint, partenaire ou concubin par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de vie se traduisant par une altération de la santé physique ou mentale.
Les peines encourues sont :
- 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende en cas d'ITT inférieure ou égale à 8 jours
- 5 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende en cas d'ITT supérieure à 8 jours
- 10 ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende si les faits ont conduit la victime au suicide ou à une tentative de suicide
En 2024, la Cour de cassation a précisé que le harcèlement moral au sein du couple peut se poursuivre après la séparation, notamment à travers les échanges relatifs aux enfants, les procédures judiciaires abusives ou le harcèlement par voie numérique (Cass. crim., 2024). Cette évolution jurisprudentielle est fondamentale pour les parents séparés qui subissent un harcèlement continu déguisé en "communication parentale".
12. Statistiques et contexte en 2026
Quelques chiffres clés pour comprendre l'ampleur du phénomène :
- En 2024, les JAF ont rendu environ 6 200 ordonnances de protection en France, en hausse de 15 % par rapport à 2022.
- Le taux d'acceptation des demandes est d'environ 66 %, mais il monte à plus de 80 % quand le dossier est accompagné par un avocat spécialisé.
- 213 000 femmes et 82 000 hommes sont victimes de violences au sein du couple chaque année (enquête CVS 2023).
- Le délai moyen entre le dépôt de la requête et l'audience est passé de 42 jours avant 2020 à 6 jours grâce à la loi du 28 décembre 2019.
- En 2025, plus de 1 000 bracelets anti-rapprochement étaient actifs simultanément en France.
Ces chiffres montrent une prise de conscience croissante, mais aussi que de nombreuses victimes renoncent encore à la procédure par manque d'information ou de préparation documentaire.
13. Conseils pratiques pour la préparation de l'audience
Le jour de l'audience devant le JAF est déterminant. Voici comment maximiser vos chances :
- Arrivez en avance et munissez-vous de votre dossier complet en double exemplaire (un pour le juge, un pour la partie adverse)
- Préparez un résumé chronologique d'une page maximum qui synthétise les faits, les preuves et les mesures demandées
- Numérotez toutes vos pièces (pièce 1, pièce 2...) et référencez-les dans votre résumé
- Restez factuel lors de votre prise de parole : dates, faits, conséquences
- Ne répondez pas aux provocations de la partie adverse pendant l'audience
- Apportez les originaux de vos preuves (téléphone avec les SMS, documents originaux) en plus des copies
- Préparez les réponses aux arguments prévisibles de la partie adverse ("c'est une vengeance", "elle exagère", "c'est pour avoir la garde")
FAQ : Ordonnance de protection en 2026
- Faut-il obligatoirement un avocat pour demander une ordonnance de protection ?
- Non, la représentation par avocat n'est pas obligatoire. Toutefois, elle est très fortement recommandée. Les statistiques montrent que le taux d'acceptation est significativement plus élevé avec l'accompagnement d'un avocat spécialisé. Si vos moyens sont limités, demandez l'aide juridictionnelle en urgence auprès du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal.
- Combien de temps dure une ordonnance de protection ?
- L'ordonnance est valable pour une durée maximale de 6 mois (article 515-12 du Code civil). Elle peut être prolongée si une procédure de divorce ou de séparation de corps est engagée pendant ce délai, ou si le juge des enfants est saisi. À défaut, les mesures prennent fin automatiquement à l'expiration du délai.
- Que se passe-t-il si l'auteur des violences ne respecte pas l'ordonnance ?
- La violation d'une ordonnance de protection est un délit pénal puni de 2 ans d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende (article 227-4-2 du Code pénal). En cas de violation, appelez immédiatement le 17 (police/gendarmerie) et déposez plainte. Les forces de l'ordre sont tenues d'intervenir.
- Peut-on demander une ordonnance de protection pour harcèlement moral sans violence physique ?
- Oui, absolument. L'ordonnance de protection couvre les violences physiques ET les violences psychologiques, y compris le harcèlement moral, le contrôle coercitif, les menaces et les pressions. La condition est de prouver la vraisemblance de ces violences et l'existence d'un danger. Un dossier documenté (messages, journal de faits, certificats psychologiques) est essentiel.
- L'ordonnance de protection a-t-elle un impact sur la garde des enfants ?
- Oui. Le JAF peut fixer provisoirement la résidence des enfants chez le parent protégé et organiser le droit de visite de l'autre parent, éventuellement en espace de rencontre médiatisé. Ces mesures sont provisoires (6 mois maximum) mais elles orientent souvent la décision définitive sur la résidence des enfants.
- Peut-on demander une ordonnance de protection contre un ex-conjoint séparé depuis longtemps ?
- Oui. Il n'y a pas de délai maximal après la séparation. Si votre ex-conjoint continue de vous harceler, de vous menacer ou d'exercer un contrôle coercitif, même des années après la séparation, vous pouvez demander une ordonnance de protection. C'est particulièrement fréquent dans les situations de coparentalité conflictuelle.
- Les preuves issues d'un enregistrement téléphonique sont-elles recevables ?
- La jurisprudence a évolué sur ce point. En matière civile, un enregistrement réalisé par l'une des parties à la conversation est généralement recevable si le juge estime qu'il est indispensable à l'exercice du droit à la preuve et proportionné au but poursuivi (Ass. plén., 22 décembre 2023). Avec un outil comme Copareo Secure Line Secure Line, les enregistrements sont réalisés dans un cadre légal avec notification préalable, ce qui renforce leur recevabilité.
- Combien coûte une procédure d'ordonnance de protection ?
- La procédure elle-même est gratuite (pas de frais de greffe). Les coûts se limitent aux honoraires d'avocat, qui varient entre 1 500 et 3 000 euros en moyenne. L'aide juridictionnelle peut couvrir tout ou partie de ces frais selon vos ressources. Certaines associations offrent un accompagnement gratuit.
Pour approfondir la question des preuves de harcèlement moral en couple, consultez notre guide dédié : preuve de harcèlement moral en couple.
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